Clip vidéo du cd Furia y Candela

Ce cd est une initiative de compagnon-ne-s de la région bolivienne en soutien aux compagnon-ne-s séquestré-e-s par l’État.

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Réveille-toi, conspire.
N’aie pas peur tu es en guerre.
La terre se meurt,
libère-toi de cette merde.

Et les cachots brûlent.
Les murs tombent.
Ils ne peuvent pas nous contrôler.
Les murs tombent.

J’attends une nuit de plus,
que ça ne rate pas.
Le temps devient éternité
s’il n’y a pas d’attaque.

Solidaridad Negra

Au sujet des affrontements du 11 à Santiago

Cette année, dès le 4 septembre, des salidas (attaques sur les flics et barricades aux abords ou depuis les universités ou lycées) ont eu lieu à partir de plusieurs universités du pays, pour commémorer le 11 septembre, l’une d’elle a eu lieu à Valparaiso. La vidéo de l’action dit au début : « Pour tous ceux tombés, nous continuons de lutter dans la rue. On ne discute pas avec le fascisme, on le détruit »:

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Devant le lycée d’Aplicación :  » À 40 ans du coup d’État … les morts ne se pleurent pas ! Vengeance ! » signé : Aplikapucha (encapuchados du lycée d’Aplicación)

Le matin du 5 septembre des barricades ont été montées dans la población* de La Pincoya. Il y a eu plusieurs coups de feu en direction des flics et une voiture a été brûlée. C’est dans cette même población que Claudia López a été tuée.

Le dimanche 8 septembre près de 50 000 personnes ont participé à une manifestation jusqu’au cimetière général, à l’appel de l’Assemblée des Droits de l’Homme, avec comme arrivée finale le monument qui rend hommage aux personnes assassinées et disparues. Continue reading « Au sujet des affrontements du 11 à Santiago »

Grève générale du 26 juin à Santiago

Ceci est un compte-rendu fait à partir de ce que nous avons pu voir dans les rues le mercredi 26 juin, c’est donc loin d’être exhaustif car il y avait trois manifestations simultanées et plusieurs lycées attaqués la nuit, nous n’avons pas pu être partout.

L’animation a commencé dès 07 heures du matin à divers points de la capitale, se matérialisant par des barricades érigées devant les universités et les lycées. Comme d’habitude le complexe universitaire de Macul con Grecia et la Usach n’ont pas été en reste.

ter6La manifestation commençait à 13h, mais des heures avant le centre ville était quadrillé de flics, et des jeunes jugés suspects ou qui n’avaient pas leurs papiers sur eux étaient arrêtés en prévention.

On pouvait aussi voir des hélicoptères voler au dessus de la manif, et un œil observateur pouvait déceler sur certains toits de la Alameda d’étranges photographes ou caméramans, flics ou journalistes (la même chose), malheureusement suffisamment hauts pour être hors d’atteinte des manifestants.

À 13h il y avait trois manifestations simultanées qui devaient se retrouver toutes à un même point, la place de Los Heroes. On compte plus de 100 000 personnes qui auraient assisté à la manifestation, qui n’était pas uniquement des étudiants, puisqu’il y avait plusieurs revendications, étudiantes, mais aussi laborales, ainsi que des revendications par rapport aux lois liberticides que l’État chilien s’apprête à nous sortir, entre autre la loi qui punit toute insulte sur les flics, et la loi Hinzpeter, qui parmi d’autres choses interdira le port de la capucha (la cagoule faite avec un tee-shirt).

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Affiche de grève avec une perspective de genre

huelgaAppeler au boulot pour dire que tu es malade le matin de la grève.
Exproprier les biens du lieu de travail pour ensuite les redistribuer.
Mal travailler, plus lentement, avoir beaucoup “d’étourderies”.
Faire du boycott et saboter des petits trucs.
Faire la grève de la consommation.

Donner du courage aux grévistes ( celles qui comptent et celles qui comptent pas), leur donner de l’eau, leur offrir un abri si la situation devient difficile.

Je n’ai pas de contrat / je suis en stage / je suis travailleuse du sexe / j’ai migré et maintenant je travaille sans contrat / je suis travailleuse domestique / j’ai besoin d’argent / mon chef va me virer / je suis femme au foyer / je suis à mon compte et je ne peux pas perdre mes clients / j’ai un visa de travail / je m’occupe de personnes âgées / …

Quel que soit le motif, pour beaucoup d’entre nous la grève « traditionnelle » n’est pas suffisante. Nous ne sommes pas importantes pour les syndicats majoritaires, celles qui ne sont pas prises en compte et ne veulent pas rentrer dans le jeu avec les patrons et les gouvernements. Sans papiers, sans contrats, sans chefs, sans bureau, sans sécurité sociale, sans avoir un travail reconnu comme travail, sans maison, sans être payé pour tout ce que nous bossons, comment on ferait la grève dans le sens traditionnel du terme ?

Chaque jour devrait être un jour de grève. Mais pas une grève de devanture, de débat télévisés et quatre mots de fin de soirée. Chaque jour devrait être la grève du genre, la grève de la consommation, la grève de l’obéissance, la grève de la soumission, la grève de la reproduction, la grève des loyers, des hypothèques et des frais de logements, la grève des mères, la grève des corps, de la main d’œuvre pas cher, la grève de la non-violence face à la violence policière, la grève de se serrer la ceinture, que des jours meilleurs arriveront. La grève comme synonyme d’un raz le bol, la grève comme synonyme d’attaque. Ce n’est pas seulement la possibilité de bloquer le capital sur les lieux de travaux légitimés pas l’État, mais aussi dans la reproduction hétéro-patriarcale, capitaliste et raciste de la vie sociale.

Nous n’attendons pas assises à ce qu’on nous dise quand, comment et qui peut lutter ; nous redéfinissons le concept de grève.

La rage n’attend pas les appels à la grève, la rage n’a pas d’horaires déterminés.

Rage indéfinie. Grève indéfinie.